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Séance du 24 janvier 2013 Flèche de retour

 

La chasse à la licorne: les dictionnaires d’associations verbales peuvent-ils
contribuer à mettre en évidence une mythique “conscience linguistique”
 ?

Michèle Debrenne (Université de Novossibirsk, Russie)
 

Au fil des pages d’une polémique récente sur l’ethnolinguistique et la psycholinguistique russes, la notion d’image du monde liée à une langue  a été assimilée à une licorne1 impossible à attraper parce qu’inexistante. Nombreux sont cependant les chercheurs qui reconnaissent que la signification des leхèmes  d’une langue contient un certain nombre de présupposés implicites spécifiques, qui compliquent la communication interlinguistique et la traduction. Nous proposons lors de cette séance de nous familiariser avec un outil spécifique de mesure de ce contenu implicite – le dictionnaire des associations verbales du français, qui présente dans le dictionnaire direct les réactions (dans l’ordre décroissant de fréquence) à une liste de stimuli de 1100 mots ainsi que la liste alphabétique des réactions avec le nombre de stimulis les ayant provoquées (dictionnaire inverse). Après une brève présentation du dictionnaire et de l’expérience, nous nous efforcerons de trouver en commun les réponses aux questions suivantes : est-il justifié d’appeler cet objet linguistique « dictionnaire », faut-il parler « d’associations verbales » (verbalisées) ou plutôt de « lexicales » ? L’ajout de stimuli « bizarres » a-t-il dénaturé l’expérience ? Est-il judicieux de faire ce genre d’expérience sur internet ? Quelles difficultés peut-on rencontrer lors du retraitement de la matière collectée pour l’édition ?
Par ailleurs nous nous pencherons sur l’exploitation linguistique du corpus obtenu, qui peut être étudié sous plusieurs angles : étude d’une notion (« concept » dans la linguistique russe moderne), approfondissement du contenu sémantique d’un  léxème (comment utiliser le DAF pour mettre en évidence les points de vue implicites), étude de la « charge culturelle partagée », approches syntaxiques du mécanisme de l’association (paradigmatique ou syntagmatique, assonances, calembour etc), études comparatives basées sur l’existence de dictionnaires analogues pour les autres langues, liens vers la théorie de la linguistique naïve et bien sûr technologie de la chasse à la licorne.


1 How to Catch a Unicorn? The Image of the Russian Language from Lomonosov to Wierzbicka // Toronto Slavic Quarterly. № 32. Toronto, 2010. URL http://www.utoronto.ca/).

 

 

Pour tout renseignement (notamment, pour proposer une intervention), vous pouvez contacter
Pierre-Yves Raccah :  pyr@linguistes.fr

 

 

 

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